mercredi 10 mars 2010

entretien entre Jean Beaucé, directeur de l'Aire Libre, et Alexis Fichet, metteur en scène de Bastards of Millionaires !
- 1 février 2010 -

Alexis Fichet-----
Pourrais-tu retracer comment tu as rencontré le collectif Lumière d’août, et comment on en est venu à la proposition de compagnie associée ?

Jean Beaucé-----
Les tous premiers contacts, je ne sais plus. En tout cas c’est vraiment parti de Ciel dans la ville, des propositions autour de l’aéroport, une implication du lieu “Aire Libre”, puisque ça se passe dans Saint-Jacques. Mais ce n’est pas qu’une histoire de lieu, c’est aussi un projet qui s’inscrit sur un territoire, qui est un projet de création, et un projet d’écriture. Il me semblait que le projet d’Alexandre Koutchevsky, Ciel dans la ville, rejoignait ce que moi j’envisageais comme évolution du projet de l’Aire Libre à ce moment. Comment nommer ça ? C’est la présence d’artistes sur le territoire, et la manière dont un territoire, un endroit, des lieux ou une histoire peuvent être source de création. Et pas l’inverse : ce n’est pas se mettre au service d’une demande qui émanerait d’un lieu ou d’un territoire, ou d’une commune, ou d’une demande associative. Le point de départ c’est le projet artistique, mais vraiment situé, à un endroit précis.

Alexis Fichet-----
Sur Ciel dans la ville il y a eu un effet d’évidence : le lieu, Alexandre…

Jean Beaucé-----
C’est sa pratique de pilote, son intérêt, mais surtout l’écriture engagée par cette pratique, par cet espace.
Et il faut se donner du temps.
Alors on l’a fait en deux fois, la première en septembre 2007, la deuxième en juin 2008.

Alexis Fichet-----
Avant il y avait eu Blockhaus, qui était une commande de Dominique Chrétien dans le cadre des formats courts…

Jean Beaucé-----
Oui, qui rentrait dans les formats courts, ce qui rejoignait une sensibilité de l’Aire Libre pour ces formes là. En fait il y a eu trois étapes.
Cette première forme, intégrée à une programmation plus générale de formes courtes, puis une première création de Ciel dans la ville en septembre, puis une reprise en juin, avec une nuit complète : Ciel dans la nuit. Donc on n’est pas dans le cas de figure d’une création typique, mais très évolutive.
Dans le même temps il y a eu aussi avec Alexandre Koutchevsky un travail très important avec l’école d’à côté. Ça s’est fait sur six mois, avec les jeunes élèves, CM2 et sixième, ce qui permettait un pont entre primaire et collège, avec un travail sur la photo et l’écriture. Je trouve que c’est un travail
exemplaire d’action éducative.
Donc, quand j’ai engagé le projet de l’Aire Libre en proposant à trois compagnies d’être associées (ce qui est peut-être gourmand), nous avons avancé avec l’idée d’accompagner le projet avec Ciel en Afrique et l’horizon d’une reprise future à Saint-Jacques de la Lande, puis Bastards of millionaires !, puis le projet Je suis une île et j’ai faim, ce qui fait trois projets sur trois années. Trois ans ça passe très vite, d’autant qu’on passe une année en renouvellement de convention (là je parle pour l’Aire Libre), et pour la compagnie, en recherche de moyens, etc. Ce serait peut-être mieux d’avoir quatre ans. Ce qui parait court, ce n’est pas de soutenir les projets, mais d’avoir un dialogue autour, une réflexion. Les projets démarrent très vite, ce qui est déjà pas mal, mais ensuite on manque toujours de temps pour discuter et envisager les perspectives, et on est déjà au bout des trois ans, avant d’avoir eu le temps de revenir sur la collaboration elle-même.
Dans la proposition d’association, dans mon esprit, il y a un contrat de confiance : une proposition faite par la compagnie n’est pas soumise à discussion comme des projets isolés d’autres compagnies. C’est parti de Ciel dans la ville. Ensuite, Bastards of millionaires ! était une confiance donnée au collectif Lumière d’août, de même que Je suis une île et j’ai faim. Je ne suis pas sûr qu’en dehors d’une association, j’aurais répondu positivement à Je suis une île et j‘ai faim… pour des raisons de calendriers, etc.

Alexis Fichet-----
Pour nous c’est très important. Les gens mettent en doute cette notion de collectif. On nous dit depuis cinq ans : dans cinq ans il ne restera que deux artistes visibles, et plus de collectif. Mais ce qui nous a fait avancer, souvent, ce sont des gens qui ont pris en compte cet aspect collectif, comme le festival Frictions à Dijon, avec Marie-Pia Bureau et Philippe Minyana, puis plus tard le festival d’Avignon, qui avaient invité tout le collectif.
L’Aire Libre, qui est sur le territoire d’Ille et Vilaine où nous sommes implantés, et qui considère ce collectif, c’est très important parce que cela nous permet d’avoir un dialogue artistique régulier, ce qui est le but. Avec toi notamment, on ne justifie pas tout en terme de production, on parle aussi de nécessité artistique. On a parlé de Ciel dans la ville, Ciel dans la nuit, Ciel en Afrique, qui sont une suite de créations rendues possibles par cette association. Bastards of millionaires ! a été créé à l’Aire Libre. La rencontre avec le public s’est très bien passée, mais il y avait quelques remarques récurrentes qui nous intéressaient, et ce sentiment que le spectacle pouvait aller plus loin, être vu d’avantage par les spectateurs locaux.
Alors on le reprend ici, pour deux dates, comme une expérience. Pour moi ça raconte vraiment cet accompagnement d’un jeune collectif, d’une jeune compagnie. Ça fait sens, pour nous. C’est une manière d’avancer qui est vivante, et à l’écoute du projet, qui est rare, qui permet de passer du temps sur l’artistique.

Jean Beaucé-----
Le fait de reprendre un spectacle un an (à peu près) après sa création, c’est assez rare et ça ne se fait pas quand on est dans une logique de programmation, ou très rarement. Dans les perspectives d’accompagnement et de coproduction, il me parait nécessaire d’aller plus loin que la simple programmation. Pour Ciel dans la ville, ça donne cette aide apportée à Ciel en Afrique, avec la perspective de la reprise à l’Aire Libre l’an prochain.
Pour certains spectacles, il ne faut pas les abandonner à la première tentative, donc donner la possibilité d’un retravail, et de le redonner au public. Pour d’autres, c’est de redonner une chance en diffusion. Ça me parait important de continuer à suivre les spectacles. On n’est pas très outillé, on n’a pas de bureau de diffusion, donc on a une difficulté à agir dans la promotion et la vente des spectacles: il faudrait créer des postes, ce serait une autre organisation pour l’Aire Libre. Mais on peut redonner du
temps de travail, redonner du temps de plateau, et permettre que les spectacles soient revus.

Alexis Fichet-----
Je crois que ça raconte aussi la relation à un territoire où nous vivons. C’est de là que partent les choses : quand Alexandre Koutchevsky, pour une forme courte, se rend compte qu’il y a l’aéroport, le blockhaus, il travaille sur cette Histoire et cet espace parce que ça fait sens pour lui. Après ça peut décoller. Pour Lumière d’août, être associé à un lieu qui permette de remontrer des formes, d’en montrer l’évolution, c’est important. Pour Bastards of millionaires !, quand je parle de la reprise, je suis étonné (et heureux) d’entendre des gens qui sont déjà venus et qui pensent revenir. Ils veulent voir la nouvelle version. Ils veulent suivre le travail. Nous sommes une compagnie qui, en quelque sorte, a ses
spectateurs associés. Il y a l’association de la compagnie Lumière d’août et du Théâtre de l’Aire libre, mais il y a aussi tout un public qui est intéressé par une relation durable avec les oeuvres, avec les artistes, avec une programmation. Les gens ont suivi un parcours, ce sont leurs retours qui influencent notre travail. Un certain type d’exigence de notre part produit chez le spectateur une curiosité, une envie de voir, qui est liée à une présence d’une compagnie, dans un théâtre, sur un territoire, avec un public.
Accueillis ailleurs, on n’aurait pas travaillé comme ça.

dimanche 7 mars 2010

François LE GALLOU, nous a quitté le 2 mars à l'âge de 53 ans. Avec lui, nous avons créer Comme un ange après temps de misère de Julien Simon, Le funambule de Jean Genêt, une trilogie Bohumil Hrabal, La Cerisaie de Tchékov. Dans La Cerisaie, il jouait Lophakine.
Au revoir François. Ta voix restera avec nous.

jeudi 29 octobre 2009

Compagnie Jean Beaucé: HISTOIRE DE MARIE

Compagnie Jean Beaucé: HISTOIRE DE MARIE

HISTOIRE DE MARIE

Ce soir jeudi 29 octobre
à 19 heures
dernière représentation d ' Histoire de Marie de Brassaï
Très heureux de la semaine.

mardi 8 septembre 2009

Théâtre de L'AIRE LIBRE
Saint-Jacques-de-la-Lande
du 22 au 29 octobre à 19 heures
durée 50 minutes

HISTOIRE DE MARIE
d'après Brassaï
Adaptation et mise en scène Jean Beaucé
avec : Cécile Kiffer, comédienne, François Possémé, création univers sonore, Marie Dault, images

Une comédienne, un personnage, le texte d’un artiste plus connu pour ses photographies que pour ses écrits et le désir de Jean Beaucé d’enrichir le langage scénique par la confrontation et le dialogue entre le texte, l’interprétation, l’image et le son.Marie raconte "l’histoire du triste paria que nous aurons toujours avec nous. Les choses qui lui arrivent, ses réactions, ses réflexions, son langage même, nous les connaissons intimement et nous les reconnaissons comme si Marie était une part de nous-même. Nous rions de ses embêtements ou nous en pleurons, selon notre tempérament et notre éducation.Mais nous ne faisons jamais rien pour améliorer son sort.Les Marie de ce monde savent qu’elles sont condamnées, que, sous aucun régime, on ne fera rien pour les soulager. Elles récitent à haute voix leur complainte et cela raisonne comme si elles se parlaient à elles-même. Quelle colère dans ce bavardage...Brassaï restitue non seulement la pensée stricte et les actes de la femme de ménage mais aussi les odeurs qui émanent de ses mouvements, de ses rêves, de toute sa vie sevrée d’amour."Henri Miller" …le texte de Brassaï ne nous épargne pas les détails et, pourtant, on s’attache. A Marie, mais surtout à son univers où la vidéo, le dessin, la peinture et les petits airs électros s’entrelacent. C’est qu’il s’en passe des choses sur ce petit bout de scène… Son déhanchement lascif, sur un « Love me tender » langoureux juchée sur un tabouret, en compagnie de son avocat virtuel, projeté sur l’écran, est une petite perle de poésie et d’humour. La mise en scène, signée Jean Beaucé, regorge de ces astuces et de petits clins d’œil à Brassaï… Comme quoi, une chienne de vie mérite aussi qu’on en fasse de l’art.
"Benoît Le Breton. Ouest-France

Marie ou la photo d'une souillon - Rennes-mercredi 06 juillet 2005Brassaï était photographe. Du moins c'est ce qu'on garde de cet Hongrois de Paris. Pourtant, Brassaï était écrivain et peintre avant de songer à la photographie. La preuve, son « Histoire de Marie » qu'il écrivit en 1947 avec son ami Henri Miller. Alors, quand Jean Beaucé monte ce texte pour le théâtre - Est-ce objectif ou est-ce induit ? - on prend ce portrait de femme comme une photo, comme un cliché sensible d'une souillon universelle. Car cette Marie, on ne la connaît pas. Mais elle nous semble proche. Elle nous semble intime. Oh, une intimité bien peu ragoûtante ! Celle des parias et des sans nom que Jean Beaucé affectionne. Pas par complaisance. Simplement parce que la misère humaine est aussi porteuse d'humanité. Alors Marie raconte sa triste vie, sa colère, sa méchanceté, tous ces maux qu'on lui prête. Et on se prend d'affection pour cette âme en mal d'amour.Pour les Tombées, ce spectacle créé en 2003 est repris dans une salle terriblement basse de plafond. Tant pis... Ou tant mieux. Cette étroitesse renvoie au gourbi de son existence. Et surtout, la comédienne Cécile Kiffer lui donne vraiment vie, ou du moins ce qu'il en reste. Il y a bien du Miller aussi dans tout cela. Pas du Big Sur mais du Sexus. Avec l'apport de cet écran noir que Marie peint en blanc, puis repeint en noir. Avec ces images projetées. On revient encore à la photo. Cécile Kiffer émeut. S'échappe rarement de son personnage. On prend cette histoire comme une claque. Un aller-retour sur la vie qui n'en est pas une. Une baffe d'existence en une heure chrono. Juste du théâtre portée par une comédienne. Juste avec un univers sonore pour respirer un peu. C'est sans espoir. C'est simple et beau.
Gilles KERDREUX. Ouest-France

mardi 21 avril 2009




Atelier Théâtre Arts du Spectacle Rennes 2


L'espace et la représentation


L'Aire Libre Avril 2009


Dans le Studio.

Dans la Grange.

Autour du théâtre.







jeudi 12 mars 2009

Encore ICEMAN

Iceman : du théâtre rock à l'Aire Libre - Rennes mercredi 17 janvier 2007

Comédie rock ? Poème rock ? Comédie musicale ? Jean Beaucé ne sait trop quelle étiquette choisir. Une chose est sûre : dans son nouveau spectacle, quatre comédiennes et trois musiciens cohabitent, se croisent sans réellement se mélanger. « Iceman », très librement inspiré de textes de l'auteur américain d'origine irlandaise Eugène O'Neill, n'établit aucune hiérarchie entre théâtre et musique. « Le groupe rock jouera, comme en concert, au centre de la scène, explique Jean Beaucé, pas dans un coin pour accompagner les actrices. » La prestation du trio rennais sera, en elle-même, un événement.
Un nouveau répertoire
Complot Bronswick refait surface, onze ans après un dernier concert aux Trans, et surtout, 20 ans après avoir contribué à la réputation rock de Rennes, dans la mouvance new-wave des Marquis de Sade et autre End of Data. Cette renaissance n'a rien du coup marketing. François Possémé, à la guitare et au chant, collabore, depuis des années, avec l'Aire Libre. Le batteur, Yves-André Lefeuvre, y passe régulièrement, notamment avec Santa Cruz. Les deux n'ont certainement pas perdu de vue Éric Trochu, le fondateur d'End of Data, qui reprend du service au chant et aux claviers. « Le groupe revient avec un nouveau répertoire, pas une compil' de ses anciens morceaux, précise le directeur de l'Aire Libre. Le ton reste rock, entre post new-wave et néo-punk, avec une pointe d'électro. »
Pour le volet « théâtre », Jean Beaucé fait appel à quatre comédiennes, rassemblées dans un café : Martine Dupé, Muriel Hélary, Florence Imbaud et Cécile Kiffer. Étant entendu que le sexe des personnages n'a aucune incidence sur le propos. « Il nous arrive tous, un jour, de renoncer. A un boulot, une croyance ou une appartenance politique. Ces quatre femmes sont en plein renoncement. Elles se réfugient dans l'alcool. Elles attendent quelqu'un pour fêter l'anniversaire de l'une d'elles. Or, cet ami, lui, a arrêté de boire, s'est réinséré socialement et a trouvé une certaine paix intérieure. » Tel un sauveur, il va tenter de remettre en selle les quatre personnages en rupture. « Il échouera. Pour autant, la pièce n'est pas sinistre, ni totalement désespérée. »
Les comédiennes interviennent entre les morceaux de Complot Bronswick, dans un registre plutôt spontané. « Je leur demande de jouer comme s'il s'agissait de leur propre vie avec le minimum d'artifice théâtral. » Le lien avec les rockeurs devrait se faire naturellement. « Leur univers, les paroles de leurs chansons sont cohérents par rapport au texte de la pièce. »
Benoit LE BRETON.

Retour sur Iceman

Cécile Kiffer
Florence Imbault, Muriel Hélary, François Possémé, Eric Trochu, Yves-André Lefeuvre.

François Possémé






Florence Imbault




Muriel Hélary





Cécile Kiffer






Eric Trochu




Martine Dupé

J'ai retrouvé ce soir les photos égarées d'Iceman, photos de Christophe Le Dévéhat, prises au théâtre de L'Aire Libre. Photos de répétition.

samedi 21 février 2009

Hors-jeu à ESQUIBIEN


Théâtre. La Compagnie Jean Beaucé à découvrir samedi
5 février 2009

Le prochain spectacle de la programmation établie pour la salle Georges-Madec par l'association «Sons et spectacles» fera découvrir aux Capistes une nouvelle Compagnie, celle de Jean Beaucé. Cette compagnie professionnelle basée à Rennes, pratique un théâtre qui témoigne d'un «regard partagé sur la vie et les préoccupations de nos contemporains, les plus modestes du point de vue de l'Histoire». Pour les amateurs de football aussi La pièce qu'elle présente, «La règle du hors-jeu», s'adresse tout autant aux amateurs de football qu'aux amateurs de théâtre. Pour la composer, Jean Beaucé, qui réunit les deux passions, a recueilli les confidences de Raymond Kéruzoré, joueur et entraîneur, une figure du foot breton. La retransmission de match qu'il nous propose est très spéciale: une seule caméra, placée derrière un but. Mais c'est sur la scène et non sur l'écran qu'il se passe quelque chose. Une comédienne, Cécile Kiffer, se met dans la peau de Raymond Kéruzoré «pour parler du terrain, de sa carrière, de sa vie de travailleur footballeur. Les années 70 n'étaient pas encore celles du foot business. Kéruzoré ne pratique pas la langue de bois. Son regard sur le foot est touchant, lucide, jamais aigri».
Le Télégramme

mercredi 3 décembre 2008

Hors-Jeu. Le dispositif dans la salle en sous-sol de L'Aire Libre. Octobre 2008.

mercredi 15 octobre 2008

  1. Le temps et le hors-jeu expliqués à l'Aire Libre - Rennes
    L'Aire Libre, à Saint-Jacques-de-la-Lande, démarre sa saison en parlant football
    et en s'ouvrant aux enfants, dès quatre ans.
    L'Aire Libre accueille, mercredi 1 er à 19 h, « Le temps d'une coccinelle », du théâtre d'ombre et d'objets sonores qui explique le temps qui passe aux enfants, dès 4 ans. Et, bien sûr, à leurs parents. Ce type de spectacle familial est plutôt inhabituel au centre culturel de Saint-Jacques qui entend, dès que possible, renouveler l'expérience.
    « Dans le prolongement des Trans Musicales, le dimanche 7 décembre, Orka, le groupe des îles Féroé, et Yann Tiersen donneront, à 17 h, un 5 e et dernier concert, annonce Jean Beaucé, le directeur de l'Aire Libre. Les parents pourront ainsi s'y rendre avec leurs enfants auxquels un autre spectacle sera proposé. »
    D'ici les Trans, le festival Mettre en Scène aura fait escale à Saint-Jacques, du 11 au 15 novembre, avec « La petite pièce en haut de l'escalier » de la Québécoise Carole Fréchette, sur une mise en scène de Blandine Savetier.
    Le 16 octobre, deux groupes, à l'inspiration très différente, occuperont la soirée : les Rennais de Complot Bronswick, rescapés de la grande époque new-wave, sont de retour avec des compositions électro-rock. Les Norvégiens, à la pop très mélodieuse, de Minor Majority leur succéderont sur scène.
    Le lendemain, 17 octobre, Nano, alias l'accordéoniste Arnaud Méthivier, se produira sous une forme assez singulière, en compagnie d'un violoniste, d'un violoncelliste et du poète corse, Pierre Gambini.
    Cécile Kiffer dans la peau de... Kéruzoré
    Théâtre et football ne font pas forcément bon ménage. Jean Beaucé, lui, adore les deux, au point de les réunir sur scène. Sa création, « Hors-jeu », prévoit la retransmission d'un match, niveau deuxième division départementale.
    Avec une seule caméra fixe, installée, qui plus est, derrière un but. « C'est de l'anti-TF1, de l'anti-Canal +, sourit le patron de l'Aire Libre. Le degré zéro de la retransmission télé ! Volontairement car, sinon, les gens regarderaient le match, point final ! » Et passeraient à côté du texte, porté par la comédienne Cécile Kiffer qui, pour l'occasion, se met dans la peau de Raymond Kéruzoré, joueur et entraîneur, véritable légende du foot breton dont Jean Beaucé a recueilli les confidences.
    « Il me parle du terrain, de sa carrière, de sa vie de travailleur footballeur. Les années 1970 n'étaient pas encore celles du foot business. Kéruzoré ne pratique pas la langue de bois. Son regard sur le foot est touchant, lucide, jamais aigri. »
    Le metteur en scène, lui, n'est jamais méchant, ni moqueur. Ne serait-ce que par respect pour « tous les mômes qui taperont toujours dans un ballon ».
    « Hors-jeu » sera joué, gratuitement, sur réservation, les 7, 8 et 9 octobre à 19 h avec, en prime, à 21 h, « Américano », un road-movie bricolé par Benoît Bradel. Contact : 02 99 30 70 70.
    Benoit LE BRETON.
Les 7,8 et 9 octobre, trois représentations du spectacle Hors-jeu à L'Aire Libre, théâtre de Saint Jacques de la Lande.
Le pari de ne parler que de foot et cependant émouvoir et faire rire !

mardi 2 septembre 2008





Un spectacle sur l'univers du foot réalisé à partir d'un entretien avec Raymond Kéruzoré.



A l'occasion des soirées d'ouverture de saison
présentation du spectacle :
HORS-JEU
de et avec: Cécile Kiffer et Jean Beaucé
7,8,9 Octobre
au Théâtre de L'Aire Libre
à Saint Jacques de La Lande (35)
à 19 h
Réservation 02 99 30 70 70

« Hors-Jeu »

« Mon père ne me l’a jamais dit mais j’en suis sûr, sur le gazon coupé bien court où l’on a d’instinct des pas de danse et des gestes d’artistes, les footballeurs écrivent dans une langue particulière, des phrases peut-être incompréhensibles pour le commun des mortels mais des phrases qui procurent une joie immense quand on en possède la clé et le sens. » Le metteur en scène Jean Beaucé a toujours aimé le football. Il l’a pratiqué un temps et il se rappelle très bien son père l’oreille collée au transistor pour écouter les retransmissions des matches. Après s’être penché sur le cyclisme (« L’ironie du Sport ») et le jeu de palet (« 130 grammes environ »), Jean Beaucé souhaitait créer un spectacle sur le foot. L’opportunité est venue d’une rencontre avec Raymond Kéruzoré, dit Kéru. Une légende footballistique de l’Ouest, vainqueur de la Coupe de France avec Rennes en 1971, sélectionné en équipes de France, joueur ou entraîneur à Quimper, Brest, Laval, Rennes, Guingamp… Ses explications servent de toile de fond au spectacle où la comédienne Cécile Kiffer n’entend rien aux règles de ce sport et particulièrement à celle du hors-jeu. Pour la comprendre, elle déploie des trésors de technicité et nous voilà alors embarqués dans une drôle de partie avec terrain de foot miniature, figurines, photos de spectateurs en guise de public, caméra, téléviseur, écran de projection… et un ballon (quand même).








mardi 27 mai 2008

La règle du hors-jeu expliquée à Cécile Kiffer par Raymond Kéruzoré

Ah oui, bon d'accord! dit-elle.

Hors Jeu extraits du spectacle.


"tout ce que je sais du football, je l'ai appris toute seule."
Les règles du hors-jeu expliquées par un pro. Dur pour un spécialiste, d'expliquer la règle du hors-jeu à une comédienne qui ne connaît rien au football mais qui fait des efforts.
"Les règles du foot ce n’est pas très simple quand on y comprend rien.
Le hors jeu c’est par rapport…ca n’existe pas dans sa propre surface. Il faut passer la ligne médiane. Alors le but est ici, le gardien est là. Il faut au moins un autre joueur adverse, j’aurais du prendre un sucre d’une autre couleur. Entre la ligne de but et ce joueur là, l’attaquant…le défenseur si il est plus près quand il reçoit le ballon, il est hors jeu.
Je ne sais pas si vous avez compris ?
Si il reçoit une passe de là, et qu’il y a entre le gardien et le joueur, il est hors jeu.
Il faut au moins deux joueurs dont le gardien…Il y a des tactiques pour monter et mettre hors jeu. Cela fait partie de l’intelligence du joueur, il sent que celui-là va recevoir le ballon…Hop il monte, il reste plus que ce joueur soit hors jeu."
La règle a été inventée parce que sinon les joueurs resteraient toujours devant le gardien.
Les autres joueurs sont là, celui-ci est hors jeu si il est près du gardien.
Toute une équipe à partir de la demi de terrain…C’est la règle la plus difficile et celle qui provoque le plus de polémique Est-ce qu’il est hors jeu ou pas ?

Extraits du spectacle Hors-Jeu à partir d'un entretien avec Raymond Kéruzoré.

lundi 26 mai 2008


Pourquoi ils ne jouent pas ?
Le ballon.
J'ai oublié le ballon.

Le spectacle Hors Jeu à QUIMPER




Quimper.Le 24 mai.
Représentation de Hors Jeu.
MPT d'Ergué Armel.

Cécile Kiffer et Jean Beaucé

photos: Dominique Beaucé

mardi 20 mai 2008

Pourquoi j'ai écrit et réalisé un spectacle sur le foot.

"Mon père ne me l’a jamais dit mais j’en suis sûr, sur le gazon coupé bien court où l’on a d’instinct des pas de danse et des gestes d’artistes, les footballeurs écrivent dans une langue particulière, des phrases peut-être incompréhensibles pour le commun des mortels mais des phrases qui procurent une joie immense quand on en possède la clé et le sens.
Sa joie à écouter la retransmission des matches du stade rennais sur Radio Armorique, dans l’obscurité, l’oreille collée à un petit transistor posé sur la table de la cuisine.
Il voyait le chemin du ballon, le placement des joueurs, l’écriture du match. Les Rennais vont débuter le match côté Vilaine, à droite de votre transistor."

mardi 15 avril 2008

La Compagnie Jean Beaucé
Nos petites occupations ne sont pas si dérisoires. Rendre extraordinaire la vie des gens ordinaires.
Depuis 1990, je crée des spectacles qui puisent leur inspiration dans un collectage de matières populaires : témoignages écrits ou oraux( Comme un ange après temps de misère, Marie ou la vie d’une piqueuse, L’ironie du sport…). Dans ces spectacles, j’ai toujours utilisé des matériaux sonores ou de la musique, enregistrée ou jouée sur scène. Depuis quelques années, j’introduis l’image filmée ou photographique. La fusion de ces éléments participe du traitement poétique de cette matière populaire(la vie des petites gens).( Histoire de Marie, 130 grammes environ, Hors-Jeu…) Quelques incursions vers le théâtre de répertoire ou adaptation de textes littéraires poursuivent les mêmes objectifs.( Le funambule de Jean Genet, Quatre adaptations de Bohumil Hrabal, La Cerisaie de Tchékov, Iceman d’après O’Neill…) J’ai également collaboré à la mise en espace de concerts( Yann Tiersen, Anissa Mars Drive, Red Cardell…). J’ai le plus souvent accompagné ces créations d’actions de sensibilisation ou de formation avec le milieu scolaire ou associatif ( stages, ateliers, lectures, petites formes d’animation…) dans le cadre de résidences multiples en Bretagne : Saint Jacques de la Lande, Fougères, Lannion, Quimper, Saint Brieuc, Redon, Rennes, Châteaugontier… . Les projets de la compagnie réaffirment notre choix d’un théâtre de création pluridisciplinaire dont le socle est un regard partagé sur la vie et les préoccupations de nos contemporains, les plus modestes du point de vue de l’Histoire.
Jean Beaucé
jbeauce@theatre-airelibre.fr

lundi 7 avril 2008

HORS-JEU
Spectacle en tournée: janvier-décembre 2008
Ecriture: Jean Beaucé et Cécile Kiffer
Mise en scène : Jean Beaucé jbeauce@theatre-airelibre.fr
Interprétation: Cécile Kiffer ckiffer@wanadoo.fr
Spectacle sur le football écrit à partir d'un entretien avec Raymond Kéruzoré.
photo: Christian Reland pour Le Jacquolandin.

" J'aime ce sport que j'ai pratiqué jusqu'à l'âge de 21 ans. Bien qu'il soit surmédiatisé, qu'il soit contaminé par le fric et parfois parasité par les hooligans, etc. je ne savais comment l'aborder d'un point de vue artistique. J'ai enfin trouvé la clé à l'issue des entretiens que j'ai eus avec un ancien joueur pro du stade rennais des années 70-80, qui fut international et entraîneur. Son témoignage simple et émouvant sur sa carrière est mis en espace et donne sur ce sport un autre regard que celui qui est véhiculé par la télévision. A travers ce spectacle qui n'est ni carricatural ni condescendant, j'essaie de retrouver les regards d'enfants collectionnant les vignettes panini ou les maillots des joueurs... Le souvenir de mon père écoutant religieusement dans le noir, les retransmissions des matchs du stade rennais sur son petit transistor posé sur la table de la cuisine."
Jean Beaucé

"Je veux bien raconter un match mais on va tout de suite voir que je n’y connais rien. Ma télévision est toute petite, on voit pas les numéros des joueurs."
"Hors-jeu": une pièce pour réfléchir sur le sport.
Question pour un champion( de football): il est né à Chateauneuf du Faou en 1949. A part une infidélité pour Marseille, sa carrière de joueur et d'entraîneur dans les clubs de football s'est déroulée dans le grand Ouest. Il a été sélectionné deux fois en équipe de France. En 2002, il a été élu par le stade lavalois, meilleur joueur du siècle. A la retraite, il vit dans le district de Rennes où bénévolement il assure l'aide aux devoirs par amour de la pédagogie.
C'est...c'est...
Raymond Kéruzoré dit Kéru pour les passionnés. Son parcours sportif est maintenant prétexte à une pièce de théâtre: Hors-jeu."Nos deux filles sont comédiennes. En février prochain, l'une d'elle, sera en résidence au théâtre de L'Aire Libre.J'aime le théâtre. Lorsque Jean Beaucé m'a contacté, j'ai accepté sans réfléchir, avec plaisir, de lui parler de ma carrière. je lui ai fait confiance. Le sport c'est toute ma vie, le sport et les relations qu'il apporte.
Pour, Jean Beaucé, directeur de L'Aire Libre, ses entretiens ont été le déclic lui permettant d'aborder, d'un point de vue artistique, le ballon rond:" Après le vélo, le jeu de palet, javais envie de parler du football. ..
Que toutes celles, et ceux, pestant contre la coupe du monde, ne se sentent pas exclus. Ni carricaturale ni complaisante, la pièce donne à réfléchir sur le sport en général et le football en particulier. Et nul besoin d'avoir révisé le journal l'Equipe avant d'y aller.
D'ailleurs Cécile Kiffer, comédiene, confesse volontiers ne pas s'y connaître."Grâce à l'univers sonore de Jean-Louis Le Vallégant, chacun devrait retrouver une part de ses souvenirs d'enfance comme les retransmissions des matches à la radio. Le football, qu'on le veuille ou non, fait partie de notre culture. Nous essayons de donner à voir ce que les fans oublient et ce qui pourrait plaire aux détracteurs."
Ouest-France janvier 2008